Opération COCAIR VI : aperçu des premiers résultats

La sixième édition de l’Opération « COCAIR » s’est déroulée du 9 au 17 décembre 2017, réunissant les services de lutte contre la fraude des aéroports d’une trentaine de pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes et du Moyen Orient. L’objectif principal de l’Opération consistait à intercepter les envois illicites de cocaïne par voie aérienne depuis l’Amérique du Sud en direction de l’Europe, directement ou via des zones de transit en Afrique.

La cocaïne, principal produit ciblé durant l’opération, se situe en tête du nombre de saisies et occupe la première place en termes de quantités interceptées (900 kg). Héroïne, tabac, méthamphétamine, cannabis, khat, médicaments, LSD et espèces de faune et de flore protégées par la Convention de Washington figurent parmi les autres produits interceptés. En outre, trois interceptions de devises pour un total de plus de 700.000 dollars des États-Unis ont été réalisées, confirmant que la circulation en contrebande de devises constatée au cours des opérations COCAIR précédentes est toujours prégnante. Trente-deux personnes ont déjà été interpellées et deux sociétés incriminées.

L’opération « COCAIR VI » s’inscrit dans le cadre du projet AIRCOP. Le projet, mis en œuvre par l’ONUDC, l’OMD et INTERPOL, fait partie du « Programme Route de la Cocaïne » financé par la Commission européenne, et vise à améliorer les contrôles dans les aéroports internationaux d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes en y établissant des Cellules Aéroportuaires Anti Trafics (CAAT) réunissant les acteurs nationaux de la lutte contre la fraude.

La cocaïne se situe en tête du nombre de saisies et occupe la première place en termes de quantités interceptées (900kg)

Les CAAT et autres unités opérant dans des aéroports situés le long de la route de la cocaïne ont ainsi constitué pendant plusieurs jours un réseau anti-fraude couvrant 38 aéroports dans 35 pays. Les agents de ces différentes unités ont pu échanger des informations et enregistrer leurs saisies via une version adaptée du système de communication sécurisé CENcomm de l’OMD. Ils avaient en outre à leur disposition les bases de données d’INTERPOL (I-24/7) pour rechercher le passé criminel des personnes interpellées et contrôler l’authenticité des documents de voyage en circulation. L’échange d’informations durant l’opération a été intense, en témoigne le nombre important de messages émis via le CENcomm de l’OMD et le nombre de recherches effectuées dans le système d’I-24/7 d’INTERPOL (voir tableaux ci-dessous).

Ont également activement participé à l’Opération, en facilitant l’échange d’informations opérationnelles avec leurs membres, les Bureaux régionaux de liaison chargés du renseignement (BRLR) d’Afrique de l’Ouest, d’Europe de l’Ouest, d’Afrique Centrale, d’Asie et des Caraïbes.

L’OMD a accueilli à son siège l’Unité de Coordination Opérationnelle (UCO) constituée de fonctionnaires de la Douane du Brésil, de la Gambie, de la République Dominicaine, de la République Démocratique du Congo et du Mali, de fonctionnaires travaillant aux BRLR d’Afrique centrale et d’Europe de l’Ouest, et de représentants d’INTERPOL et du projet CRIMJUST, aussi inscrit dans le cadre du « Programme Route de la Cocaïne » et mis en œuvre par ONUDC en partenariat avec INTERPOL et Transparency International. Le rôle des membres de l’UCO a consisté à soutenir les unités opérationnelles en coordonnant certains échanges et en leur communiquant les données sur les passagers provenant de certains aéroports, notamment du Brésil, aux fins d’analyse de risque et d’établissement de profils.

L’Opération COCAIR VI a contribué à consolider la coopération entre services opérationnels des pays participants, coopération qui demeure l’outil le plus efficace dans la lutte contre les trafics organisés par la grande délinquance internationale. En outre, le rapprochement avec le projet CRIMJUST, qui vise à renforcer la capacité et l’intégrité des institutions de justice pénale dans des cas de criminalité organisée et de trafic de drogue, ouvre de nouvelles opportunités en matière de poursuite des investigations par les services nationaux d’enquêtes judiciaires sur les saisies de devises afin d’en déterminer l’origine ou leur finalité.